Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 19:23

Alléluia, sonnez tambours, résonnez trompettes ou l'inverse...

Il est sorti, Il est né, Il est disponible, Il est à vous sur simple demande...

Après des mois et des années de gestation, de gesticulation, de tergiversation, de manipulation, de procrastination, de libation, de réflexion, de rienfoutration, le DVD de Bussang est là !

Quelques images de fans transfigurées par la joie de disposer enfin de l'objet tant convoité !

 

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Et pour faire patienter les autres, les images de l'intro...

Téléchargement BA

A la demande générale de Laure, la photo du cornichon...
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Et bravo pour la réponse à la question piège. Le cornichon est effectivement un mot dont les deux moitiés présentent un même rapport sémantique (par exemple le tout et la partie)...

J'attends la photo de Stéphane avec son citron !

Par Tristan HERVE
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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 15:15

Ramenés de Chalon sur Saône, quelques fragments d'impressions

Fragments-churin

D’abord, d’abord, y a des tas
Des jolis tas dorés,
Et on sait pas pourquoi,
Et on attend comme ça
Et on regarde les gens
Qu’attendent aussi comme ça
Tellement qu'il y a rien
Sauf la musique qui joue
Une chanson d’amour
C’est toujours de l’amour
Dans les chansons qui passent
La scène est toute nue
Et y a des gens assis
Sur des chaises sur la scène
On reconnaît Didier
Et Marie et c’est tout
Dans la dizaine de gens
Assis qui attendent
Faut vous dire, Madame
Que dans ce théâtre-là
On aime ça, Madame
On aime ça, c’est dit

Et puis et puis
Et puis il y a Luciana
Qui est belle comme un soleil
Et qui marche pareille
Sur la scène au milieu
Et entre les deux tas
Avec de la ficelle
Pour ficeler comme ça
Parce qu’elle ficelle comme ça
Parce qu’elle ficelle comme ça


Et puis, y en a qui parlent
C’est Arnaud et Scali
De rencontres amoureuses
De fragments de discours
Même qu’on comprend pas tout
Mais qu’on rit quand même
Et puis il y a de l’eau
Des seaux et des oranges
Des clous et des grelots
Et des sièges pliants
Et je raconte pas tout
Parce que ce théâtre-là
Faut le voir, Madame
Faut le voir…

Mais j’y retourne, Madame
En mai à la Bastille.

Par Tristan HERVE
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 19:46

BO-collector-gainsbourg

Je ne sais pas si vous avez vu le film Gainsbourg, vie héroïque de Joann Sfar
Sfar

Si oui, j'espère que vous avez reconnu le chef pompier qui vient chercher Gainsbourg après son premier infarctus !

Sinon, le film est très agréable et évite les risques du genre (rien à voir avec la môme par exemple...) avec une BO de grande qualité !

 
Par Tristan HERVE
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 18:18

Nous sommes partis à 5 le vendredi 15 janvier depuis Caen, sans neige et sans Olivier et Audrey qui faisaient semblant de travailler...

Il y avait Martine, Béatrice, Laure et Christine... Sur place, nous avons retrouvé Raphaël, devenu à moitié rennais.

Et nous avons vu les Estivants...

Un vrai moment de théâtre superbe où les 3 heures défilent comme un rêve, avec des images de cauchemar bien sûr, devant la bêtise, la misogynie, le cynisme de ces estivants parvenus, petit-bourgeois affreux sales et méchants, mais aussi des lueurs d'espoirs apportées par les femmes, de Varvara à Maria Lvovna...

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Avec des acteurs à l'énergie farouche, dont la présence porte ce texte qui semble tellement actuel, en miroir au spectacle pathétique de nos politiques jouant les enfants de Marie...

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Le fait de connaître une bonne partie des acteurs de la pièce, pour avoir travaillé avec eux, donne sans doute un supplément d'âme, mais n'enlève rien au regard critique qui nous fait juger ce spectacle comme l'un des plus abouti du moment; et voir 14 comédiens sur scène, dans une scénographie particulièrement réussie est un plaisir trop rare pour le bouder...

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Alors, pour ceux qui ne sont pas allés à Rennes, il reste Sète (3 et 4 mars), Sceaux (du 9 au 21 mars), Bordeaux (du 14 au 16 avril), Evreux (28 et 29 avril)...

Et pour ceux qui veulent en savoir plus la critique du Monde



Quel bonheur que ce théâtre-là ! Taillé à vif dans la vie toute crue, d'une intensité jamais démentie au fil de trois heures de représentation, d'une beauté fulgurante et sans répit. Ces Estivants, créés au Théâtre national de Bretagne, à Rennes, le mardi 12 janvier (avant une tournée qui, on l'espère, se poursuivra au-delà des dates déjà prévues), marquent le retour au sommet d'un metteur en scène, P1010461 P1010456


Comment vivre ? se demandent-ils, ces estivants que Gorki observe, dans une Russie à l'orée du XXe siècle, avec une lucidité qui ne peut être qu'implacable. Comment vivre ? La question claque de manière aussi aiguë, ici et maintenant, que dans la Russie étouffante, prérévolutionnaire, de 1904.

En ce temps-là, Maxime Gorki (1868-1936) n'est pas encore devenu l'écrivain officiel d'un régime soviétique qui prendra en otage son talent et ses idéaux d'éducation populaire. De sa jeunesse de chien errant, jeté sur les routes dès l'âge de 8 ans, il a gardé une conscience inguérissable de la brutalité de la vie, qu'il ne craint pas de montrer telle qu'elle est dans ses pièces du début du siècle - c'est ce qui fait leur singularité par rapport à celles de son ami Tchekhov.

Voici donc ces estivants, groupe d'amis qui, comme chaque année, se retrouvent dans leurs datchas pour les vacances. Tous sont issus de cette Russie de la misère et de la peine, écrasée sous le joug, et dont ils se sont extraits à force de travail, comme le fit Gorki lui-même, dans l'espoir que les études, le savoir, l'aisance matérielle leur rendraient la vie plus belle, plus élevée.

Autour du couple que forment Bassov, l'avocat, et sa femme Varvara, il y a Vlas, le frère de Varvara, qui sert de secrétaire à Bassov ; Bassov, qui écrit des poèmes ; Souslov, l'ingénieur, et sa femme Youlia ; Doudakov, le docteur, et sa femme Olga ; Maria Lvovna, médecin elle aussi, et sa fille Sonia ; Rioumine, le propriétaire suicidaire...

Dans le temps étiré des vacances, l'arrivée de Chalimov, l'écrivain, va déclencher un cruel jeu de la vérité sur les illusions perdues et les idéaux en fuite, les lâchetés, les aveuglements de ces êtres perdus dans leurs petites vies comme dans la "forêt obscure" de Dante. Comme toujours, Eric Lacascade a gommé, dans l'adaptation qu'il a écrite à partir de la traduction d'André Markowicz aussi bien que dans sa mise en scène, les signes renvoyant à un contexte historique ou géographique trop précis.

Et ses Estivants prennent une résonance si actuelle que l'on en est saisi. Tant l'on se reconnaît dans le sentiment de défaite vécu par cette petite bourgeoisie intellectuelle, cette "intelligentsia", comme le dit ironiquement Varvara, qui, peut-être parce qu'elle s'est coupée de ses racines populaires, suggère Eric Lacascade, n'a pas pu empêcher le cynisme et la peur de reprendre le dessus.

La comédie grinçante est ici portée par une troupe à l'énergie de jeu exceptionnelle. A l'image d'Eric Lacascade lui-même, qui s'est attribué le rôle de l'écrivain, de Millaray Lobos Garcia (Varvara) ou de Christophe Grégoire (Bassov), tous sont d'une présence rarement atteinte sur les scènes françaises. Et tous évoluent sur un plateau magnifié par la scénographie d'Emmanuel Clolus, qui compose et recompose des espaces intimes ou collectifs, poétiques, petites datchas comme des cabines de bain de bois gris.

Alors, le constat a beau être impitoyable, on sort de ces Estivants curieusement revigoré. Certes, les hommes, ici, en prennent sérieusement pour leur grade. Mais il y a les femmes. Ce sont elles qui avancent, malgré tout, dans la forêt obscure. Elles nous resteront longtemps au coeur, ces belles et fortes figures, Varvara, Maria Lvovna, Sonia et les autres.

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Et celle des Trois coups

Dans un décor qui évoque de belles cabines de bains, doubles ou simples, Éric Lacascade nous présente les quatorze personnages des Estivants. En couple ou seuls, médecin, avocat, écrivain en mal d’inspiration, homme d’affaires, mère au foyer, femme en mal de mari, etc., ce sont tous, sinon des parvenus, au moins des déclassés. Issus du peuple, mais en rupture de classe, ils mènent une vie aisée. Cette vie a cependant perdu tout son sens. Leurs discussions sur l’amour, le couple, les enfants, la vie, la mort, la révolution, l’art, font le sujet de la pièce, qui, pratiquement dépourvue d’action, ne repose guère que sur des discours. 

L’usage du double prénom en guise de patronyme, habituel chez les Russes, rend les premières minutes du spectacle un peu difficiles à suivre avec une telle pléiade de personnages. Puis, cet obstacle franchi et les caractères commençant à se dessiner, l’attention du spectateur est définitivement conquise. La pièce de Gorki est très bavarde, et ce n’est pas le moindre mérite de la scénographie d’Emmanuel Clolus et de la mise en scène, très nerveuse, d’Éric Lacascade que d’avoir su rendre vivante cette suite de discours qui dure trois heures. L’utilisation de tout le plateau où il se passe toujours quelque chose, l’ingéniosité du système des cabines de bains qui se déplacent et se transforment à volonté, permettant tous les changements de décor à vue et rapidement, concourent à la création d’un rythme rapide et efficace.

Le texte est servi par une troupe jeune et dynamique, fidélisée par Éric Lacascade. Quelques individualités s’en dégagent, dont, au premier rang, Lacascade lui-même, remarquable dans le rôle de Chalimov. Il campe avec brio un écrivain à succès, sur le retour, cynique et désabusé, nonchalant et piètre séducteur, de surcroît. Daria Lippi est une Youlia très convaincante dans son rôle de femme libérée, assoiffée d’hommes. Jérôme Bidaux, qui interprète son mari, Souslov, a aussi son moment de gloire, quand il est ivre ou quand il assume son personnage d’homme vulgaire et misogyne. Christelle Legroux (Carélie) et Élisabetta Pogliani (Maria Lvovna) sont excellentes dans le rôle de la soi-disant poétesse (célibataire prolongée) et celui de la femme engagée qui essaie d’aligner ses actes sur ses idées.

  La traduction concourt à la vitalité de la pièce

Ne maîtrisant pas le russe, il m’est impossible de dire si la traduction est fidèle au texte de Gorki. Elle est conforme aux habitudes de Markowicz : modernisation qui ne recule pas devant les anachronismes, familiarité assumée. Telle qu’elle est, elle concourt indubitablement à la vitalité de la pièce.

  En fin de compte, les Estivants constituent un spectacle populaire et de qualité, qui nous renvoie l’image d’une société proche de la nôtre par ses interrogations et son manque de perspectives. Les spectateurs, ravis, ont eu raison de faire un triomphe à la pièce de Gorki et à l’équipe d’Éric Lacascade.

Et l'interview d'Eric Lacascade sur France Q...

Téléchargement Tout arrive Lacascade


Par Tristan HERVE
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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /Jan /2010 16:33

Amie lectrice, comme je sais qu'il n'y a plus que toi qui me lis (ou alors que le lecteur intrus se dénonce !), il te reste jusqu'au 24 janvier pour venir voir la belle exposition P1030040 au musée du Havre... autour des ciels de Boudin, le peintre qui fait aussi dans le genre vache...
 

Bon d'accord, je sais que tu trouveras une excuse, genre voiture défaillante, mémoire en loque ou que sais-je...

Sache néanmoins que tu rates quelque chose car les ciels de Boudin sont d'un rare beauté, mais Baudelaire en parle mieux que moi : P1030072
"A la fin tous ces nuages aux formes fantastiques et lumineuses, ces ténèbres chaotiques, ces immensités vertes et roses, suspendues et ajoutées les unes au P1030109 x autres, ces fournaises béantes, ces firmaments de satin noir ou violet, fripé, roulé ou déchiré, ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu, toutes ces profondeurs, toutes ces splendeurs, me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse ou comme l'éloquence de l'opium."
 
J'ai aussi une belle citation de Laure, celle qui sent bon le mimosa:
"Une belle exposition donc, à voir en particulier pour les magnifiques études de Boudin (propices à une contemplation extatique) et les citations de Flaubert (ouais, parce que Flaubert, il fait des citations, d'ailleurs c'est un célèbre écrivain à ce qu'on dit...)"

P1030079
Et puis on peut s'amuser à faire des photos bizarres dans le musée, même que ce n'est pas encore interdit (le nain n'a pas encore fait une loi pour cela, étonnant non, quoique, il ne doit pas souvent mettre les pieds au musée...)
P1030096


Et puis comme le musée n'est pas trop grand, en sortant, on n'est pas fatigué et on peut essayer de faire des photos de nuages, pour faire comme les grands du musée... Moi j'ai fait celle-ci où il y a quelque chose qui cloche!
P1030131

En plus, si tu viens un jour où je suis au Havre, on ira boire un verre ou manger un morceau (on peut même le faire au musée, cétipabô ?)

Par Tristan HERVE
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